En Papouasie, à Tahiti et Tokelau, les cocotiers produisent de l’électricité

Aujourd’hui, de nombreuses îles du Pacifique n’importent plus de pétrole et s’auto-alimentent en énergie grâce à l’huile de coco…


Il s’appelle Gregory Penn. Il est Britannique et habite au bout du monde, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ingénieur, il a fondé une entreprise,Projet support service. Son quotidien ? Permettre aux villages du pays d’être totalement indépendants énergiquement. Comment ? En inventant une machine d’extraction de l’huile de coco et de filtration afin de la transformer en… électricité !

L’huile de coco, l’or noir du Pacifique

En effet, la noix de coco peut être source d’électricité. Une découverte majeure pour des lieux reculés du globe tels que la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’île n’est pas la seule à profiter de ses multiples cocotiers pour s’alimenter en énergie. Dans le Pacifique sud, l’archipel des Tokelau est également connu pour son indépendance grâce à l’énergie solaire et aux noix de coco après avoir été dépendant des importations de pétrole pendant des années.

Dernier exemple en date, Tahiti. La filiale locale de GDF Suez, Unelco, y a mis en place ce système de production énergétique par la coco. Elle achète les noix aux fermiers de l’archipel et les transforme en carburant. D’après l’entreprise française, ce système aurait permis à l’île de réduire ses importations pétrolières de 23%. Et comme rien ne se perd, tout se transforme, les résidus de coco qui n’ont pas pu être broyés servent à nourrir les animaux.

Pour la fabrication de l’électricité, rien n’est plus simple. Il faut ramasser les noix de coco, les décortiquer et en extraire la chair. Ensuite, vient le séchage qui prend trois jours. Les chairs de coco séchées sont appelées « coprah ». Elles sont broyées. Devenues de l’huile, elles sont transportées dans une centrale et chauffées à 60°C pour fournir de l’électricité dans tous les villages.

 

Un carburant exotique biodégradable, non polluant et bon marché

Autre sort possible pour l’huile de coco : être utilisée comme biocarburant. Pure ou mélangée, elle peut être versée directement dans les moteurs diesel. Non polluante, à l’odeur autrement plus exotique que l’essence, elle coûte 80 centimes d’euro par litre dans les îles contre 1,07 euro pour l’essence. Intrigués par le phénomène, des scientifiques de l’Université de Maurice et le Mauritius Standard Bureau ont fait divers tests sur l’huile de coco. Force est de constater que celle-ci est un excellent carburant ; meilleur même que le diesel en termes d’émissions !

Interrogé par le blog Finance, Jerry Kramer, PDG de la société Pacific International, explique : « L’idée remonte à Rudolf Diesel. Il avait mis au point un moteur à combustion qui tournait à l’huile de cacahuète ». L’inventeur du biocarburant avait un esprit visionnaire sur les problématiques énergétiques actuelles : « L’utilisation d’huiles végétales pour les moteurs peut sembler insignifiante aujourd’hui, mais ces huiles deviendront bientôt aussi importantes que le pétrole et le goudron de charbon », prédisait-il avec quasiment un siècle d’avance… et bien avant l’établissement des lobbies pétroliers…

Et Jerry Kramer de continuer : « Certains de nos camions roulent à l’huile de coco depuis des années et on n’a pas eu le moindre problème ». Face au mur du réchauffement climatique et du coût du pétrole, le biocarburant pourrait bien se développer à grande échelle. Seulement, impossible de l’étendre au Nord du globe car si la température descend sous les 17°C, l’huile peut se solidifier et devenir inutilisable.

L’huile de coprah a de l’avenir dans les pays du Sud !

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