10 raisons d’oublier les violences corporelles éducatives

Droits et recherches universitaires en psychologie, en médecine et en sciences de l’éducation sont sans appel et nous donnent 10 raisons pour interdire explicitement les punitions corporelles en tous lieux y compris la famille : 

1. Rien ne peut justifier ces pratiques qui portent atteinte aux droits, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique des enfants, à leur santé, leur bien-être, leur développement et leurs apprentissages, droits garantis par la Convention Internationale des droits de l’enfant que la France a ratifié le 7 août 1990.

 

2. 42 pays ont déjà interdit explicitement les punitions corporelles en tous lieux y compris la famille, dont 23 en Europe.

 

3. Aucune étude scientifique n’a pu démontrer un effet positif des punitions corporelles sur le comportement et le développement de l’enfant.

 

4. Bien au contraire, elles sont corrélées fortement à une augmentation de l’agressivité et des comportements anti-sociaux chez les enfants mais également à l’adolescence et à l’âge adulte avec un risque de violences intra-familiales et conjugales.

 

5. Elles représentent un facteur de risque de maltraitances puisque 75% de celles-ci sont commises dans un cadre de punitions corporelles.

 

6. Il a été prouvé par de nombreuses recherches internationales qu’elles ont des conséquences traumatiques à long terme sur la santé mentale et physique des enfants. Elles montrent le même risque que pour les autres violences, de présenter dans l’enfance et à l’âge adulte des troubles mentaux post-traumatiques et cognitifs et une hyperactivité chez l’enfant.

 

Deux grandes études publiées dans les revues internationales Pediatrics en 2013 et CMJA en 2014  ont permis d’attribuer aux punitions corporelles 2 à 5% des troubles psychiatriques de l’axe I dans la population générale (troubles de l’humeur, troubles anxieux, conduites addictives, risque suicidaire), et 4 à 7% des troubles psychiatriques de l’axe II (troubles de la personnalité comme les personnalités borderline, schizotypiques, a-sociales), et un risque plus grand de troubles cardio-vasculaires, pulmonaires, de l’immunité, d’arthrites, de douleurs chroniques et d’obésité. Interdire les violences éducatives est non seulement une affaire de respect de droits fondamentaux, mais également de santé publique.

 

7. Elles sont également à l’origine d’atteintes neuro-biologiques et corticales du cerveau, et de modifications épigénétiques, ces atteintes étant liées au stress, au dysfonctionnement des systèmes de régulation de la réponse émotionnelle et à l’excès de production de cortisol qui est neurotoxique. Le cerveau des enfants est particulièrement vulnérable à la violence (cf l’article complet).

 

8. En revanche, des méthodes éducatives dites positives ont fait leurs preuves pour bien éduquer un enfant sans violence.

 

9. Il a été démontré que la réduction des punitions corporelles par les parents est suivi rapidement d’une diminution de l’agressivité, de l’anxiété et des comportements anti-sociaux chez leurs enfants.

 

10. Et qu’une interdiction par la loi des violences éducatives ainsi que des campagnes d’information et de soutien à la parentalité, permettent de diminuer leur nombre de façon très significative.

Par 
Psychiatre
Site : Stopauxviolences.blogspot.fr

À lire : Châtiments corporels et violences éducatives-Pourquoi il faut les interdire

La violence … est le dernier refuge de l’incompétence. Isaac Asimov

VIA : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1280026-fessee-10-raisons-pour-l-interdire-ainsi-que-toutes-les-autres-punitions-corporelles.html

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